
ADVY Immobilier · Structuration
Une offre d'ADVY PARTNERS, société d'expertise comptable inscrite à l'Ordre.
Structurer une opération immobilière : une société, un risque, une sortie
Un marchand de biens ou un promoteur ne porte pas ses opérations comme un investisseur porte un patrimoine. Chaque opération a son financement, ses garanties, son calendrier et sa fin. La forme de la société qui la porte décide de l'impôt, de la responsabilité des associés, du sort des pertes et de la manière dont la marge remonte. Ce choix se fait avant la promesse d'achat, en même temps que le bilan d'opération, et non au moment où la banque demande les statuts.
Exemple pédagogique
De la marge d'une opération à la trésorerie de la holding
Société d'opération à l'IS détenue à 100 % par une holding depuis plus de deux ans, régime mère-fille applicable. Taux de l'IS en vigueur en 2026 : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice si les conditions du taux réduit sont remplies, 25 % au-delà. Montants illustratifs.
| Résultat fiscal de la société d'opération | 300 000 € |
|---|---|
| IS au taux réduit42 500 € × 15 %, sous conditions (CGI, art. 219, I-b) | 6 375 € |
| IS au taux normal257 500 € × 25 % | 64 375 € |
| Résultat net après IS | 229 250 € |
| Dividende versé à la holdingLe solde, 9 250 €, reste en réserve dans la société d'opération | 220 000 € |
| Quote-part de frais et charges réintégrée5 % du dividende (CGI, art. 216) | 11 000 € |
| IS de la holding sur la quote-part11 000 € × 25 %, hypothèse d'une holding imposée au taux normal | 2 750 € |
| Trésorerie disponible dans la holding220 000 € − 2 750 €, avant ses propres charges | 217 250 € |
Exemple pédagogique purement arithmétique : les montants ne correspondent à aucun dossier réel. Il ne tient compte ni des charges de la holding, ni d'une intégration fiscale, ni de l'imposition des associés personnes physiques en cas de distribution par la holding.
Photo d'illustration — Thanos Amoutzias / Unsplash
Une opération immobilière, du compromis au bilan
Acquisition
Qualification, droits de mutation, engagement de revendre
Portage
Financement, frais financiers, trésorerie
Travaux
Coût de revient, TVA, immeuble neuf ou non
Commercialisation
Régime de TVA de la revente, lots, avancement
Bilan
Marge nette, impôt, remontée aux associés
Vos enjeux
Les enjeux de la structuration d'une opération immobilière
Isoler chaque opération
Une société par opération cantonne le risque d'un chantier qui dérape, rend le bilan lisible pour la banque et permet de sortir proprement. En contrepartie, chaque société a ses comptes, ses déclarations et son coût de fonctionnement.
SAS ou SARL : l'impôt sur les sociétés
La société de capitaux paie l'IS sur le résultat de l'opération. La marge reste dans la société, ou remonte par dividende. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, sous réserve des cautions qu'ils signent.
SCCV et SNC : la translucidité
Le résultat est imposé directement chez les associés, à l'impôt sur le revenu ou à l'IS selon leur statut. Les pertes remontent aussi. La contrepartie est une responsabilité des associés indéfinie envers les créanciers de la société.
La SCI qui achète pour revendre
Une société civile qui réalise habituellement des opérations de marchand de biens devient, en principe, passible de l'impôt sur les sociétés. La bascule s'impose, elle n'est pas optionnelle : une SCI familiale n'est pas un véhicule d'achat-revente.
Comptes courants et cautions
L'apport des associés passe souvent par des comptes courants. Leurs intérêts ne sont déductibles que dans une limite de taux et si le capital est entièrement libéré. Les cautions personnelles exigées par la banque survivent souvent à l'opération.

Photo d'illustration — Jens Peter Olesen / Unsplash
Par l'expert-comptable
Choisir la société qui porte l'opération
Pourquoi une société par opération
Loger chaque opération dans sa propre société répond d'abord au risque : un chantier qui dérape, un recours contre le permis ou un acquéreur défaillant ne contaminent pas les autres opérations. La banque y trouve aussi son compte, car elle finance un actif identifié, dont le bilan et la trésorerie ne se mélangent pas avec ceux d'autres programmes.
La société dédiée facilite enfin la sortie : faire entrer un associé financier, céder la société plutôt que les lots, la dissoudre une fois l'opération dénouée. Ce schéma a un coût. Chaque société tient une comptabilité, dépose ses comptes et ses déclarations, et doit être liquidée. Pour des opérations de petite taille et rapprochées, une société unique de marchand de biens peut rester plus rationnelle.
SAS, SARL, SCCV, SNC : quatre formes, quatre fiscalités
La SAS et la SARL relèvent de l'impôt sur les sociétés : la marge est taxée dans la société, puis, si elle est distribuée, chez l'associé. C'est la forme habituelle du marchand de biens. La société civile de construction-vente, créée pour construire et vendre, échappe à l'IS de plein droit à condition que ses associés répondent indéfiniment du passif social : ses résultats sont imposés chez les associés, à l'IR ou à l'IS selon leur propre régime.
La société en nom collectif est elle aussi translucide, à défaut d'option pour l'IS : le résultat et les déficits remontent aux associés. Ses associés sont commerçants et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales. Attention enfin à la SCI qui se met à acheter pour revendre : une société civile qui réalise des opérations commerciales devient, en principe, passible de l'IS. Rédiger les statuts et les pactes relève de votre avocat ou de votre notaire.
- SAS ou SARL : IS, responsabilité limitée aux apports
- SCCV : translucide, responsabilité indéfinie des associés
- SNC : translucide sauf option, responsabilité indéfinie et solidaire
- SCI réalisant habituellement des opérations de marchand : IS, en principe
Holding : remonter la marge et réinvestir
Placer les sociétés d'opération sous une holding permet de faire remonter les marges et de les réinvestir sans les faire transiter par le patrimoine personnel. Sous le régime des sociétés mères, ouvert à partir de 5 % du capital détenu et sous engagement de conservation de deux ans, le dividende reçu est exonéré, sauf une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat de la holding.
La holding centralise la trésorerie, prête aux nouvelles opérations et porte parfois les fonctions communes. Chacune de ces relations se documente : convention de trésorerie, prestations facturées à leur juste prix. Mais la holding ne fait pas disparaître les cautions personnelles déjà données par le dirigeant sur les crédits des sociétés d'opération : elles se recensent et se suivent jusqu'à leur mainlevée.
Comptes courants d'associés : la limite de déduction des intérêts
L'apport en fonds propres exigé par la banque prend souvent la forme d'avances en compte courant. Rémunérer ces avances est possible, mais les intérêts versés aux associés ne sont déductibles que si le capital de la société est entièrement libéré, et dans la limite d'un taux de référence publié chaque trimestre par l'administration, fondé sur les taux des prêts bancaires à taux variable de plus de deux ans.
Entre sociétés liées ou associées, le taux peut être plus élevé s'il correspond à celui que l'emprunteuse aurait obtenu d'une banque indépendante ; la loi de finances pour 2026 a étendu cette possibilité aux entreprises associées mais non liées. D'autres limites générales de déduction des charges financières peuvent s'ajouter. La convention d'avance, le taux et sa justification s'écrivent au moment de l'avance.
La fin de vie de la société d'opération
Une opération se termine rarement le jour de la dernière vente. Restent la levée des réserves, les garanties dues aux acquéreurs, les derniers appels de fonds, les litiges éventuels et la mainlevée des sûretés. La société d'opération reste en vie tant que ses engagements ne sont pas soldés, et ses comptes doivent continuer d'être établis et déposés.
Vient ensuite la décision : conserver la société pour une nouvelle opération, au risque de mêler deux historiques, ou la dissoudre et la liquider. La liquidation dégage un boni ou un mali qui se traite fiscalement chez les associés ; elle se prépare avec la dernière distribution.
L'accompagnement ADVY
Notre intervention sur la structure de vos opérations
Choix de la structure, chiffré
Comparaison SAS, SARL, SCCV ou SNC pour votre opération : impôt, remontée de la marge, traitement des pertes, responsabilité. Les statuts sont rédigés par votre avocat ou votre notaire.
Organisation du groupe
Holding, conventions de trésorerie et de prestations, suivi des conditions du régime mère-fille et recensement des cautions personnelles en cours.
Comptes et déclarations de chaque société
Comptabilité, comptes annuels et liasses de chaque société d'opération et de la holding, avec un suivi analytique par programme.
Sortie de l'opération
Dernière distribution, dissolution et liquidation de la société d'opération, ou réemploi pour un nouveau programme, avec le calendrier des formalités.
- Expert-comptable diplômé (D.E.C.)
- Société inscrite au tableau de l'Ordre des experts-comptables
- Un interlocuteur unique
- Tenu au secret professionnel
- À Montpellier et à distance
À Montpellier et partout en France
Le cabinet reçoit au 1350 avenue Albert Einstein, 34000 Montpellier, et travaille à distance avec des professionnels installés ailleurs en France : pièces collectées en ligne, rendez-vous en visioconférence.
Une question sur votre situation ? Parlons-en
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Questions fréquentes
Questions fréquentes sur la structuration des opérations
SAS ou SARL pour une société de marchand de biens ?
Les deux relèvent de l'impôt sur les sociétés et limitent la responsabilité des associés à leurs apports. Elles diffèrent par le statut social du dirigeant — régime général pour le président de SAS, travailleur indépendant pour le gérant majoritaire de SARL —, par le traitement social des dividendes et par la souplesse des statuts. Le choix se fait sur une simulation de rémunération et de distribution.
Comment est imposée une SCCV ?
La société civile de construction-vente n'est pas soumise à l'IS de plein droit si ses associés répondent indéfiniment du passif social. Son résultat est imposé chez chaque associé, selon sa part : à l'IS pour une société associée, à l'impôt sur le revenu pour une personne physique. En contrepartie, les associés supportent les dettes sociales au-delà de leurs apports, ce que les garanties bancaires rendent très concret.
Une SCI peut-elle faire de l'achat-revente immobilier ?
Oui, mais elle devient alors, en principe, passible de l'impôt sur les sociétés, car une société civile qui réalise des opérations de nature commerciale, comme l'achat habituel en vue de la revente, relève de l'IS. Ce changement entraîne des conséquences fiscales lourdes pour les biens qu'elle détient. Une SCI de gestion patrimoniale ne doit donc pas porter d'opérations de marchand de biens.
Pourquoi une holding pour un marchand de biens ?
Pour faire remonter la marge des sociétés d'opération et la réinvestir. Sous le régime des sociétés mères, applicable à partir de 5 % du capital détenu et sous engagement de conservation de deux ans, le dividende reçu par la holding est exonéré, sauf une quote-part de frais et charges de 5 %. La holding centralise ensuite la trésorerie du groupe et finance les opérations suivantes.
Les intérêts de compte courant d'associé sont-ils déductibles ?
Oui, dans certaines limites. Le capital doit être entièrement libéré, et les intérêts ne sont déduits qu'à hauteur d'un taux de référence publié par l'administration, sauf à justifier, entre entreprises liées ou associées, du taux qu'une banque indépendante aurait consenti. L'excédent est réintégré au résultat fiscal. La convention d'avance et le taux se documentent dès l'origine.
Sources
- Sociétés civiles passibles de l'IS lorsqu'elles se livrent à des opérations industrielles ou commerciales — CGI, art. 206, 2 ; BOFiP, IS - Champ d'application - Sociétés civiles (consulté le 21 septembre 2026)
- SCCV : non-application de l'IS de plein droit, sous condition de responsabilité indéfinie des associés — CGI, art. 239 ter (consulté le 21 septembre 2026)
- Sociétés en nom collectif relevant de l'impôt sur le revenu à défaut d'option pour l'IS — BOI-BIC-CHAMP-70-20-20 (version du 10/07/2019), version du 10 juillet 2019 (consulté le 21 septembre 2026)
- Responsabilité indéfinie et solidaire des associés de SNC — Code de commerce, art. L. 221-1, version du 21 septembre 2000 (consulté le 21 septembre 2026)
- Régime des sociétés mères : 5 % du capital, conservation pendant deux ans — CGI, art. 145 ; BOI-IS-BASE-10-10-10-20 (version du 03/06/2020), version du 3 juin 2020 (consulté le 21 septembre 2026)
- Quote-part de frais et charges de 5 % du produit des participations — CGI, art. 216 ; BOI-IS-BASE-10-10-20 (version du 26/06/2024), § 90, version du 26 juin 2024 (consulté le 21 septembre 2026)
- Taux de l'IS : 25 % ; 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les entreprises remplissant les conditions du taux réduit — CGI, art. 219 ; impots.gouv.fr, « Impôt sur les sociétés » (consulté le 21 septembre 2026)
- Intérêts des avances d'associés : capital entièrement libéré, taux de référence des prêts à taux variable de plus de deux ans — CGI, art. 39, 1-3° et 212 ; BOI-BIC-CHG-50-50-30 (version du 13/05/2026), version du 13 mai 2026 (consulté le 21 septembre 2026)
- Déduction au taux de marché entre entreprises liées, étendue aux entreprises associées non liées par la loi de finances pour 2026 — CGI, art. 212, I-a ; BOI-IS-BASE-35-20 (version du 15/07/2026), version du 15 juillet 2026 (consulté le 21 septembre 2026)
Contenu publié sous la responsabilité d'ADVY PARTNERS, société d'expertise comptable. Mis à jour le 21 septembre 2026.
Information générale, à jour des règles en vigueur au 21 septembre 2026, ne constituant pas un conseil personnalisé. Toute décision suppose l'analyse de votre situation par un expert-comptable.
