Chantier vu du ciel : dalles et fondations en béton coulées, en bordure d'une voirie neuve

ADVY Immobilier · Financement & suivi

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Bilan d'opération et suivi de marge : savoir à tout moment ce qu'il reste à gagner

Une opération de marchand de biens ou de promotion se décide sur un bilan prévisionnel, se finance sur ce bilan, puis s'en écarte dès le premier devis signé. La maîtriser, c'est pouvoir répondre à tout moment à trois questions : combien a-t-on engagé, combien reste-t-il à engager, quelle marge restera à la fin. La comptabilité générale n'y répond pas seule : il faut un suivi par opération, tenu au rythme du chantier.

Exemple pédagogique

Situation d'une opération à date : la marge à terminaison

Opération de promotion en cours de travaux. Montants hors TVA. Le reste à engager est réestimé à la date de la situation, à partir des devis et des marchés en cours. Montants illustratifs.

Chiffre d'affaires prévisionnel2 400 000 €
Budget initial de coût totalFoncier 700 000 €, travaux 1 000 000 €, honoraires et frais 150 000 €, frais financiers 100 000 €, aléas 50 000 €2 000 000 €
Marge budgétée2 400 000 € − 2 000 000 €, soit 16,67 % du chiffre d'affaires400 000 €
Coûts engagés à dateCommandes signées et factures reçues1 350 000 €
Reste à engager selon le budget2 000 000 € − 1 350 000 €650 000 €
Reste à engager réestiméDont 70 000 € de dépassement sur le lot gros œuvre720 000 €
Coût à terminaison1 350 000 € + 720 000 €2 070 000 €
Marge à terminaison2 400 000 € − 2 070 000 €, soit 13,75 % du chiffre d'affaires330 000 €
Écart sur marge budgétée330 000 € − 400 000 €− 70 000 €

Exemple pédagogique purement arithmétique : les montants ne correspondent à aucun dossier réel. Le pourcentage de marge et la répartition des postes varient fortement selon la nature de l'opération, sa localisation et son mode de commercialisation.

Photo d'illustration — Iain / Unsplash

Une opération immobilière, du compromis au bilan

  1. Acquisition

    Qualification, droits de mutation, engagement de revendre

  2. Portage

    Financement, frais financiers, trésorerie

  3. Travaux

    Coût de revient, TVA, immeuble neuf ou non

  4. Commercialisation

    Régime de TVA de la revente, lots, avancement

  5. Bilan

    Marge nette, impôt, remontée aux associés

Vos enjeux

Les enjeux du financement et du suivi d'une opération immobilière

  1. Un bilan d'opération sans poste oublié

    Foncier, frais d'acquisition, études, travaux, honoraires, assurances, taxes, frais de commercialisation, frais financiers : le bilan qui oublie un poste surestime la marge. Les aléas se chiffrent en ligne propre, pas dans l'arrondi.

  2. Ce que la banque exige

    Apport en fonds propres, garanties, et en promotion un niveau de pré-commercialisation avant le déblocage. Le dossier bancaire reprend le bilan d'opération, justifie chaque hypothèse et montre la capacité de l'opération à supporter un retard.

  3. Le coût du portage

    Chaque mois de détention coûte des intérêts, des assurances et des taxes. Incorporer ou non les frais financiers au coût du stock est une option comptable encadrée, qui se décide une fois et engage aussi le résultat fiscal.

  4. Suivre la marge, pas seulement la trésorerie

    Une trésorerie confortable peut masquer une marge qui se dégrade. Le suivi budgétaire par opération compare budget, engagé et réalisé, réestime le reste à engager et recalcule la marge à terminaison à chaque situation.

  5. Plusieurs opérations, une seule trésorerie à piloter

    Les apports d'une opération servent parfois à en lancer une autre. Sans prévision consolidée, un décalage de vente sur un programme met en tension tous les autres, et les engagements pris envers les banques.

Fenêtre ancienne encadrée de volets en bois ouverts sur un mur d'enduit patiné

Photo d'illustration — Jens Peter Olesen / Unsplash

Par l'expert-comptable

Du bilan prévisionnel à la marge à terminaison

Le bilan d'opération prévisionnel : l'outil de décision

Le bilan d'opération met face à face le chiffre d'affaires attendu et le coût complet : prix du foncier et frais d'acquisition, études et diagnostics, travaux, honoraires de maîtrise d'œuvre, assurances, taxes d'urbanisme, frais de commercialisation, frais financiers de portage. Il se construit hors TVA, mais avec le régime de TVA de la revente déjà tranché, car la TVA sur le prix total ou sur la marge change le prix net encaissé.

Deux lignes font un bilan de décision. Les aléas, chiffrés poste par poste et non noyés dans un pourcentage global. Et la marge de sécurité : de combien le prix de vente peut-il baisser, ou le délai s'allonger, avant que l'opération ne perde de l'argent ? Un bilan qui ne résiste pas à ce test se renégocie avant la promesse, pas après.

Ce que la banque regarde

La banque attend un apport en fonds propres, dont le niveau dépend de l'opérateur et du programme, et prend des garanties : hypothèque conventionnelle ou hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers — l'ancien privilège —, nantissement des parts de la société d'opération, caution personnelle du dirigeant. En promotion, le déblocage du crédit est en pratique subordonné à un niveau de pré-commercialisation fixé par l'établissement.

Pour vendre des logements en l'état futur d'achèvement, le promoteur doit en outre souscrire, avant la signature des contrats, une garantie financière d'achèvement ou de remboursement. Le garant analyse le même bilan d'opération que le prêteur : le dossier gagne à être présenté une seule fois, complet et cohérent — bilan, planning, grille de prix, état de la commercialisation.

Frais de portage et coût du stock

Un bien acheté pour être revendu est un stock, pas une immobilisation : il ne s'amortit pas et s'évalue à son coût d'entrée, comprenant l'acquisition et les coûts engagés pour l'amener dans l'état où il se trouve. Les frais d'acquisition et les travaux y entrent. Les coûts d'emprunt, eux, peuvent, sur option, être incorporés au coût des biens dont la préparation ou la construction dure en principe plus de douze mois, pour la seule période de production.

Cette option est globale : elle vaut pour les immobilisations comme pour les stocks. Incorporer les intérêts au stock les fait passer en charge à la vente, avec le coût du bien ; ne pas les incorporer les déduit au fil du portage. Le résultat de chaque exercice en dépend, donc l'impôt. À la clôture, un stock dont la valeur de réalisation est inférieure au coût se déprécie.

Suivi budgétaire par opération : budget, engagé, reste à engager

Le suivi repose sur une comptabilité analytique par opération : chaque facture, chaque commande, chaque appel de fonds est affecté à un programme. À chaque situation, on compare le budget, l'engagé — commandes signées et factures reçues — et le réalisé. Le reste à engager n'est pas la différence arithmétique entre budget et engagé : il se réestime, lot par lot, à partir des devis et des marchés en cours.

La marge à terminaison se déduit de cette réestimation. C'est l'indicateur qui compte pour décider : relancer la commercialisation, renégocier un marché, décaler une option. Avec plusieurs opérations, un plan de trésorerie consolidé recense les apports, tirages de crédit, appels de fonds et encaissements prévus, de façon à anticiper le mois où les sorties d'un programme ne sont plus couvertes par les entrées d'un autre.

Promotion : comptabilisation du résultat et reporting

Le plan comptable qualifie la vente en l'état futur d'achèvement de contrat à long terme : le résultat peut être dégagé à l'avancement ou à l'achèvement. Fiscalement, l'article 38, 2 bis du CGI rattache les produits d'une vente à l'exercice de la livraison ; son application à une VEFA suivie à l'avancement se vérifie au regard de la doctrine administrative. Si les rattachements comptable et fiscal diffèrent, l'écart se chiffre à chaque clôture, se retraite hors comptabilité et se documente, opération par opération.

Le reporting prolonge ce travail. Les associés attendent la marge à terminaison et la trésorerie disponible ; les banques, l'état de la commercialisation, l'avancement des travaux et le respect des engagements du crédit. Une situation trimestrielle, établie sur la même base analytique, répond aux deux sans double saisie, depuis Montpellier ou à distance.

L'accompagnement ADVY

Notre intervention sur le pilotage de vos opérations

Bilan d'opération prévisionnel

Construction ou revue du bilan d'opération : postes complets, aléas chiffrés, régime de TVA de la revente, sensibilité au prix et au délai.

Dossier de financement

Note de présentation de l'opération, plan de trésorerie de l'opération et réponses aux demandes du prêteur et du garant financier d'achèvement.

Suivi analytique et marge à terminaison

Comptabilité analytique par opération, situation périodique budget, engagé, reste à engager, et recalcul de la marge à terminaison.

Reporting associés et banques

Situation trimestrielle par opération et plan de trésorerie consolidé du groupe, avec commentaire des écarts et des points de vigilance.

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À Montpellier et partout en France

Le cabinet reçoit au 1350 avenue Albert Einstein, 34000 Montpellier, et travaille à distance avec des professionnels installés ailleurs en France : pièces collectées en ligne, rendez-vous en visioconférence.

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Marches en pierre taillée le long d'un mur en blocs, partagées entre ombre et lumière

Photo d'illustration — Kier in Sight Archives / Unsplash

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le financement et le suivi des opérations

Comment faire un bilan prévisionnel d'opération de marchand de biens ?

On part du prix de revente attendu, hors TVA et avec le bon régime de TVA, puis on déduit le coût complet : achat, frais d'acquisition, travaux, honoraires, assurances, taxes, commercialisation et frais financiers de portage. On ajoute une ligne d'aléas chiffrée et on teste la marge face à une baisse de prix ou un délai plus long, avant la promesse d'achat.

Quel apport une banque demande-t-elle à un marchand de biens ?

Il n'existe pas de règle légale : le niveau d'apport dépend de l'établissement, de l'expérience de l'opérateur, de la nature de l'opération et des garanties proposées. La banque demande en outre des sûretés sur le bien, souvent un nantissement des parts de la société d'opération et une caution du dirigeant. Un bilan d'opération détaillé et prudent pèse directement sur les conditions obtenues.

Les frais financiers sont-ils inclus dans le coût du stock immobilier ?

C'est une option. Les coûts d'emprunt de la période de production peuvent être incorporés au coût des biens dont la préparation ou la construction dure en principe plus de douze mois ; à défaut, ils sont déduits au fil du portage. L'option est globale et engage aussi le résultat fiscal. Elle répartit autrement la marge entre exercices, sans en changer le total.

Comment suivre la marge d'une opération immobilière en cours ?

Par une comptabilité analytique par opération et une situation périodique : budget, coûts engagés, reste à engager réestimé lot par lot. Coût à terminaison = engagé + reste à engager ; marge à terminaison = chiffre d'affaires attendu − coût à terminaison. La trésorerie seule ne suffit pas : elle peut rester confortable pendant que la marge se dégrade.

Qu'est-ce que la garantie financière d'achèvement ?

Avant de vendre en l'état futur d'achèvement un immeuble à usage d'habitation ou mixte, le vendeur souscrit une garantie d'achèvement ou de remboursement. La garantie d'achèvement, délivrée par une banque ou un assureur agréé, assure le financement de l'achèvement en cas de défaillance du vendeur. Le garant étudie le bilan d'opération, la commercialisation et les fonds propres investis.

Sources

Contenu publié sous la responsabilité d'ADVY PARTNERS, société d'expertise comptable. Mis à jour le 21 septembre 2026.

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