Pourquoi un point de trésorerie au 30 juin ?
La trésorerie ne se pilote pas à la clôture : au 31 décembre, il est trop tard pour corriger l'exercice. Le 30 juin est le bon moment pour un diagnostic : six mois de réalisé permettent de comparer aux prévisions, et six mois restent pour agir. L'été présente en outre des risques propres — encaissements ralentis, clients en congés, échéances fiscales et sociales qui, elles, ne s'interrompent pas. Un point de trésorerie structuré ne demande pas un reporting sophistiqué : cinq indicateurs, tenus à jour à partir de la comptabilité et des relevés bancaires, suffisent à donner une vision fiable de la situation et des tensions à venir. Encore faut-il que la comptabilité soit à jour au 30 juin, ce qui est en soi le premier réflexe à installer.
BFR et délais clients : où part votre trésorerie ?
Premier indicateur : le besoin en fonds de roulement, c'est-à-dire l'argent immobilisé dans le cycle d'exploitation — stocks et créances clients, diminués des dettes fournisseurs. Sa variation depuis le début de l'année explique souvent l'essentiel de l'écart entre le résultat et la trésorerie : une entreprise peut être bénéficiaire et manquer de liquidités parce que son BFR gonfle. Deuxième indicateur : le délai moyen de paiement des clients, à confronter aux conditions contractuelles, complété par une balance âgée. Les créances de plus de 60 ou 90 jours doivent être listées nominativement, avec une action décidée pour chacune : relance, mise en demeure, échéancier négocié, provision. Les retards de paiement se traitent d'autant mieux qu'ils sont détectés tôt — et la relance systématique, même courtoise, reste le levier de trésorerie le moins coûteux.
Dettes fiscales et sociales : l'échéancier est-il à jour ?
Troisième indicateur : l'état exhaustif des dettes fiscales et sociales, avec leur échéancier. Le second semestre concentre des échéances significatives : acompte d'impôt sur les sociétés du 15 septembre, TVA mensuelle ou trimestrielle, cotisations sociales, solde de CFE en décembre, sans oublier les éventuels échéanciers de règlement en cours avec l'administration ou l'URSSAF. Un retard sur ces dettes coûte cher — majorations, intérêts de retard — et constitue un signal d'alerte pour les partenaires financiers. Quatrième indicateur : la position bancaire consolidée, tous comptes confondus, rapprochée des encours de financement court terme (découvert autorisé, affacturage, escompte) et de leur taux d'utilisation. Une ligne courte utilisée en permanence à plus de 80 % signale un besoin de financement structurel, à traiter comme tel.
Prévisionnel à six mois : que va-t-il se passer d'ici décembre ?
Cinquième indicateur : un prévisionnel de trésorerie mensuel jusqu'à la fin de l'année, construit à partir du carnet de commandes, des encaissements attendus et de l'échéancier des décaissements — salaires, fournisseurs, échéances d'emprunt, impôts et cotisations. L'exercice gagne à être décliné en deux scénarios, l'un central et l'autre prudent, pour identifier le point bas de trésorerie et sa date. C'est ce point bas qui dicte les décisions : négocier une ligne court terme avant d'en avoir besoin, décaler un investissement, moduler un acompte d'IS si le résultat prévisionnel le justifie, ou accélérer la facturation. Une demande de financement présentée avec un prévisionnel documenté aboutit plus vite et à de meilleures conditions qu'une demande formulée dans l'urgence.
Aller plus loin
Direction financière externaliséeUn point de trésorerie de mi-année tient en cinq indicateurs et quelques heures de travail, à condition d'avoir une comptabilité à jour. ADVY PARTNERS produit pour ses clients ces tableaux de bord — BFR, balance âgée, échéancier fiscal et social, prévisionnel — et les commente avec le dirigeant pour transformer le constat en décisions.
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