Pourquoi bâtir un plan de trésorerie dès octobre
Pour une entreprise qui clôture au 31 décembre, les mois d'octobre à décembre concentrent une série de décaissements, dont plusieurs annuels, alors même que l'encaissement des ventes de fin d'année n'interviendra souvent qu'en janvier ou février. Impôts locaux, dernier acompte d'impôt sur les sociétés, acompte de TVA pour les entreprises au régime simplifié, gratifications de fin d'année et commandes de réassort se cumulent sur quelques semaines. Une société rentable peut ainsi connaître une tension ponctuelle en décembre si ces sorties n'ont pas été anticipées. Un plan de trésorerie mensuel, construit dès le début d'octobre, permet de visualiser ce creux et de décider à temps plutôt que de subir.
Octobre et novembre : taxe foncière et avis de CFE
La taxe foncière est due par l'entreprise propriétaire de ses locaux, ou par la SCI qui les détient, avec une date limite de paiement fixée en principe à la mi-octobre, quelques jours supplémentaires étant accordés en cas de paiement en ligne. Si le bail la met à la charge du locataire, mieux vaut l'intégrer au plan sans attendre la refacturation du bailleur. En novembre, les avis de cotisation foncière des entreprises (CFE) sont mis en ligne dans l'espace professionnel sur impots.gouv.fr, et non adressés par courrier. Leur consultation permet de connaître le solde à régler au plus tard le 15 décembre, obligatoirement par un moyen de paiement dématérialisé, déduction faite de l'acompte éventuellement versé en juin. C'est aussi le moment de vérifier la base retenue et, le cas échéant, d'adhérer au prélèvement à l'échéance dans les délais indiqués sur le site.
Décembre : acompte d'IS, solde de CFE et TVA au régime simplifié
Pour une société clôturant au 31 décembre, le quatrième acompte d'impôt sur les sociétés est exigible au 15 décembre, en même temps que le solde de CFE. Pour la plupart des PME, son montant est calculé sur le résultat du dernier exercice clos ; les plus grandes entreprises relèvent de règles particulières et les plus petits redevables peuvent être dispensés d'acomptes. Si le résultat de l'exercice en cours s'annonce nettement inférieur, l'entreprise peut, sous sa responsabilité, réduire ou ne pas verser ce dernier acompte lorsqu'elle estime que les acomptes déjà payés couvrent l'impôt final : une insuffisance au-delà de la tolérance légale expose à une majoration et à l'intérêt de retard, d'où l'intérêt d'une situation intermédiaire fiable. Les entreprises au régime simplifié de TVA versent en décembre le second acompte semestriel, calculé sur la TVA due au titre de l'exercice précédent. Pour celles en exercice civil, ce sera le dernier : le régime simplifié de TVA est supprimé au 1er janvier 2027 au profit de déclarations trimestrielles ou mensuelles, ce qui modifiera le rythme des décaissements de TVA dans le plan 2027. La taxe sur les salaires, pour les employeurs redevables, s'ajoute selon leur périodicité propre.
Compléter le plan : décaissements sociaux et commerciaux
Au-delà de la fiscalité, décembre porte souvent les primes de fin d'année, un éventuel treizième mois et les charges sociales correspondantes, réglées le mois suivant selon le calendrier de la DSN. Les congés de fin d'année ralentissent en outre les règlements clients alors que les fournisseurs continuent d'être payés. Côté dirigeant, rémunération, versements sur un plan d'épargne retraite ou investissements de fin d'exercice se décident au regard du plan, et non de leur seul effet fiscal. Dans le plan de trésorerie, listez ces sorties poste par poste, avec leur date probable, plutôt que de raisonner sur un solde global.
Les leviers pour lisser la trésorerie de fin d'année
Relancer dès octobre les créances échues, et facturer sans délai les prestations achevées, accélère les encaissements. Négocier un échéancier avec un fournisseur important, ou caler une commande sur janvier lorsque l'activité le permet, déplace une partie des sorties. Si un crédit de TVA apparaît, une demande de remboursement, dans les conditions propres au régime de l'entreprise, peut libérer des fonds immobilisés. Lorsqu'un besoin ponctuel subsiste, il est préférable de solliciter la banque en amont, avec un prévisionnel chiffré, pour une facilité de caisse ou un découvert autorisé, plutôt qu'en urgence. À l'inverse, un excédent durable peut être placé sur un support sans risque et disponible, en gardant une réserve suffisante pour les échéances de début d'année.
Aller plus loin
Direction financière externaliséePréparé en amont, le dernier trimestre réserve moins de surprises : un plan de trésorerie mensuel construit en octobre, alimenté par les échéances fiscales et sociales réelles de l'entreprise, aide à arbitrer entre modulation d'acompte, relance clients et financement de court terme. Il sert aussi à préparer la clôture et le budget suivant.
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