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Dividendes 2026 : PFU à 31,4 % ou barème progressif, comment arbitrer en fin d'année

Dividendes 2026 : le PFU passe à 31,4 %. Option barème, cas chiffrés, dispense d'acompte avant le 30 novembre. Conseils d'un expert-comptable à Montpellier.

Fayssal AmgharFayssal AmgharExpert-comptable inscrit à l'Ordre

Contexte : pourquoi le PFU a changé en 2026

Le PFU, souvent appelé « flat tax », s'applique par défaut aux dividendes perçus par les personnes physiques (article 200 A du CGI). Il se compose de deux blocs :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu ;
  • des prélèvements sociaux, dont le taux a été relevé à 18,6 % pour les revenus du capital concernés (contre 17,2 % auparavant), par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, via une hausse de 1,4 point de la CSG.

Le total atteint donc 31,4 %. La hausse concerne les dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026. Certains produits restent à 17,2 %, notamment ceux de l'assurance-vie et des contrats de capitalisation ; le traitement de certains autres placements (PER, par exemple) fait l'objet d'analyses divergentes selon les sources, ce qui invite à la prudence.

*Taux et périmètre sont à confirmer sur impots.gouv.fr et service-public.fr au moment de votre décision : ils peuvent faire l'objet de précisions de l'administration (BOFiP) ou de modifications dans le cadre du PLF 2027.*

Les trois voies pour extraire de la valeur de votre société

Un dirigeant de société à l'IS dispose schématiquement de trois leviers, qui ne se valent pas selon la situation :

1. La rémunération : déductible du résultat de la société, mais soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales (régime des assimilés salariés ou des TNS selon la forme sociale). 2. Les dividendes : non déductibles, soumis au PFU ou, sur option, au barème progressif de l'impôt sur le revenu. 3. Le maintien du résultat en réserve (ou la remontée vers une holding) : aucune imposition personnelle immédiate, mais la richesse reste dans la société.

Le bon dosage dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI), de vos besoins de trésorerie personnelle, de votre protection sociale et, souvent, de votre projet patrimonial.

Ce qui change dans l'arbitrage : PFU ou barème ?

Le contribuable peut opter, de façon globale pour l'ensemble de ses revenus du capital de l'année, pour l'imposition au barème progressif (article 200 A, 2 du CGI). Cette option ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes (article 158, 3-2° du CGI) et à la déductibilité d'une fraction de la CSG.

🟢 Opportunité : TMI basse

Avec une TMI à 0 % ou 11 %, l'option pour le barème est fréquemment avantageuse.

🟡 Vigilance : TMI intermédiaire

L'abattement de 40 % ramène le taux d'impôt effectif à environ 60 % de la TMI. Le point de bascule théorique se situe donc autour d'une TMI de 21 % : en dessous, le barème est généralement plus favorable côté impôt sur le revenu ; au-dessus, le PFU l'emporte. Ce calcul ne tient pas compte de la CSG déductible ni de l'effet sur le revenu fiscal de référence.

🔴 Risque élevé : TMI haute et option mal calibrée

Au-delà de la tranche à 30 %, opter pour le barème est rarement pertinent. Attention aussi : l'option étant globale, elle s'applique à tous vos revenus du capital (intérêts, plus-values mobilières, etc.). Une option décidée pour des dividendes peut alourdir la fiscalité d'une plus-value de cession de titres.

Impact pratique pour les dirigeants : deux cas chiffrés

Les exemples ci-dessous sont simplifiés, hors quotient familial, hors CSG déductible et hors contribution sur les hauts revenus. Ils illustrent un raisonnement, pas votre situation.

Cas n° 1 : un dividende de 30 000 €, TMI à 11 %

  • PFU : 30 000 × 31,4 % = 9 420 €.
  • Barème : base imposable 30 000 × 60 % = 18 000 €, soit 1 980 € d'impôt à 11 %, plus 5 580 € de prélèvements sociaux (18,6 %), soit 7 560 €.
  • Écart : environ 1 860 € en faveur du barème.

Cas n° 2 : un dividende de 30 000 €, TMI à 30 %

  • PFU : 9 420 €.
  • Barème : 18 000 × 30 % = 5 400 €, plus 5 580 € de prélèvements sociaux, soit 10 980 €.
  • Écart : environ 1 560 € en défaveur du barème.

Entre ces deux cas, seul un calcul complet de votre foyer fiscal permet de trancher. Une simulation sur la base de votre dernier avis d'imposition est indispensable.

Les points d'attention propres aux dirigeants

  • Gérant majoritaire de SARL ou associé d'EURL à l'IS : la part des dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est, en principe, soumise à cotisations sociales. Le sujet est traité dans notre article sur la réforme de l'assiette sociale des TNS.
  • Dividendes versés via une holding : le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) peut ramener l'imposition à une quote-part de 5 % au niveau de la holding, sous conditions de détention. La question de la sortie vers la personne physique reste, elle, posée.
  • Conditions juridiques : un dividende nécessite des réserves distribuables et une décision de l'assemblée des associés (articles L. 232-11 et suivants du Code de commerce). Un dividende illicite expose le dirigeant à des restitutions et à des sanctions.
  • Le « mix » rémunération-dividendes : une rémunération réduit le résultat imposable à l'IS et construit des droits sociaux, mais elle coûte des cotisations. Le dividende évite les cotisations (hors cas particuliers), mais n'ouvre aucun droit. L'équilibre dépend de votre protection sociale existante.

Ce que vous devez faire avant la fin de l'année

  • Avant le 30 novembre 2026 : si votre revenu fiscal de référence de 2025 (avis d'imposition reçu en 2026) est inférieur aux seuils légaux (50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple, à confirmer sur impots.gouv.fr), vous pouvez demander la dispense de l'acompte de 12,8 % prélevé à la source sur vos dividendes de l'année suivante, par attestation sur l'honneur adressée à la société qui les verse. Cette demande doit être effectuée avant la date limite, généralement le 30 novembre.
  • Simuler votre arbitrage : calculer PFU, option barème et variante rémunération sur votre situation réelle.
  • Vérifier la distribuabilité : réserves, report à nouveau, capitaux propres après distribution, trésorerie disponible.
  • Documenter la décision : procès-verbal d'assemblée, mise en paiement dans les 9 mois de la clôture (sauf prolongation), déclaration de l'IFU par la société.
  • Anticiper le PLF 2027 : plusieurs amendements en discussion peuvent encore modifier les règles ; aucun changement n'est applicable avant l'adoption définitive du texte et sa promulgation.

*Cet article est de portée générale. Il ne constitue pas un conseil individualisé et ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel.*

FAQ

Q : Le PFU de 31,4 % s'applique-t-il à tous les dividendes de 2026 ? R : Il s'applique par défaut aux dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026 par les personnes physiques, sauf option pour le barème progressif. Les dividendes versés avant cette date restent soumis aux taux en vigueur à leur date de versement.

Q : L'option pour le barème est-elle possible pour une partie seulement des revenus du capital ? R : Non. L'option est globale pour l'ensemble des revenus et gains entrant dans le champ du PFU de l'année. Elle s'exerce lors de la déclaration de revenus et peut être revue chaque année.

Q : Faut-il verser un dividende ou une rémunération à son dirigeant en fin d'année ? R : Il n'y a pas de réponse universelle. La décision dépend de la TMI, du résultat de la société, des cotisations sociales et de vos besoins de trésorerie. Une simulation comparative est recommandée avant la clôture.

Q : Peut-on rectifier une distribution après la clôture ? R : Le dividende relève d'une décision de l'assemblée des associés, prise après approbation des comptes. Toute régularisation doit être juridiquement documentée ; un avis d'expert est recommandé.

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