Exercice individuel : la simplicité, jusqu'à un certain point
Le praticien qui exerce en nom propre relève des bénéfices non commerciaux : il déclare son résultat sur la déclaration 2035 s'il est à la déclaration contrôlée, ou bénéficie du micro-BNC avec son abattement forfaitaire de 34 % si ses recettes le permettent. L'intégralité du bénéfice est imposée à l'impôt sur le revenu l'année de sa réalisation et supporte les cotisations sociales, que le praticien prélève sa trésorerie ou la laisse sur le compte professionnel. C'est la limite structurelle de l'exercice individuel : impossible de dissocier le revenu imposé du revenu réellement consommé. Tant que le praticien prélève l'essentiel de ce qu'il gagne, cette limite est indolore et la simplicité l'emporte — pas de structure à administrer, pas de comptes annuels de société, pas de formalisme d'assemblée.
La SCM : mettre en commun les moyens, pas l'exercice
La société civile de moyens répond à un besoin différent : partager les coûts d'un cabinet — locaux, secrétariat, matériel — entre plusieurs praticiens qui restent chacun titulaires de leur propre patientèle et de leurs propres honoraires. La SCM n'exerce pas la médecine : elle refacture à ses associés leur quote-part de dépenses communes. Chaque praticien continue de déclarer ses BNC individuellement, en déduisant les sommes versées à la SCM, et la société dépose sa propre déclaration de résultat. Sur le plan de la TVA, les remboursements de frais perçus par la SCM peuvent être exonérés sur le fondement de l'article 261 B du CGI, à des conditions précises : services rendus aux seuls associés, dont l'activité est exonérée ou hors champ, et refacturation au coût exact, sans marge. Le respect de ces conditions et une comptabilité rigoureuse des clés de répartition sont les points de vigilance récurrents des SCM.
La SEL : exercer en société et piloter sa fiscalité
La société d'exercice libéral permet, elle, d'exercer la profession en société soumise à l'IS. L'intérêt central est la dissociation des flux : le résultat de la société supporte l'IS, et le praticien n'est imposé et ne cotise personnellement que sur les sommes qu'il perçoit de la société : sa rémunération, dont la part correspondant à l'exercice de son activité libérale relève des bénéfices non commerciaux, et ses dividendes, soumis aux cotisations sociales pour leur seule fraction excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants lorsque l'associé relève des travailleurs indépendants. Le bénéfice laissé en réserve permet de financer l'installation, le matériel ou le rachat de parts avec un frottement fiscal réduit. Depuis l'imposition des revenus 2024, ces rémunérations d'exercice de la profession sont déclarées en BNC (déclaration 2035 ou micro-BNC) et donnent lieu à des acomptes de prélèvement à la source, tandis que la rémunération de la gérance conserve, pour les gérants majoritaires, son régime propre (article 62 du CGI). La SEL impose en contrepartie une gestion plus lourde : comptes annuels, assemblées, conventions réglementées, et une attention constante à la déontologie de la profession, qui encadre la détention du capital.
Comment choisir — et faut-il vraiment choisir ?
Les trois cadres ne s'opposent pas : ils se combinent. Une configuration fréquente associe une SCM pour les moyens partagés du cabinet de groupe et, pour chaque praticien, un exercice individuel ou une SEL selon sa situation. Les critères de bascule vers la SEL sont assez nets : un bénéfice durablement supérieur aux besoins de prélèvement du praticien, un projet d'investissement ou de rachat de patientèle à financer, ou une perspective d'association et de transmission. À l'inverse, un praticien qui consomme l'essentiel de son résultat n'a généralement rien à gagner à la mise en société, dont les coûts de fonctionnement sont certains et les gains hypothétiques. La décision mérite une simulation chiffrée sur plusieurs années, intégrant impôt, cotisations, protection sociale et retraite — et une coordination avec l'Ordre pour le volet déontologique.
Exercice individuel, SCM, SEL : le bon cadre dépend du niveau de bénéfice, des projets d'investissement et du mode d'exercice, seul ou en groupe. ADVY PARTNERS établit pour chaque praticien un comparatif chiffré des scénarios et accompagne la mise en place de la structure retenue avec les conseils juridiques compétents. Cabinet d'expertise comptable à Montpellier, nous suivons médecins et professionnels de santé dans toute l'Occitanie.
Comparer les scénarios pour votre cabinet
