Rappel : le mécanisme des acomptes IS
L'impôt sur les sociétés n'est pas payé en une fois en fin d'exercice. Il est fractionné en quatre acomptes trimestriels, versés les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Chaque acompte représente 25 % de l'IS dû sur l'exercice N-1. Le solde (IS réel de l'exercice en cours, moins les acomptes versés) est réglé lors du dépôt de la liasse fiscale, soit au plus tard 3 mois et 15 jours après la clôture de l'exercice. Pour une société clôturant au 31 décembre, cela signifie un solde au plus tard le 15 avril N+1.
Calculer son acompte du 15 juin : étape par étape
La formule est simple : acompte = IS N-1 × 25 %. L'IS N-1 à retenir est l'IS net après crédits d'impôts (CIR, CICE résiduel, crédit d'impôt formation du dirigeant, etc.), tel qu'il figure sur le formulaire 2572 déposé en avril 2026. Exemple : une SARL ayant payé 48 000 € d'IS en 2025 doit verser 12 000 € le 15 juin 2026. Si un acompte a déjà été versé en mars, vérifiez que le cumul des deux premiers acomptes correspond bien à 50 % de l'IS N-1. Attention : si l'IS N-1 était nul (déficit ou crédits couvrant entièrement l'IS), aucun acompte n'est dû.
La modulation à la baisse : conditions et risques
Si vous anticipez un résultat 2026 significativement inférieur à 2025, vous pouvez réduire vos acomptes IS en cours d'année. La tolérance légale est de 10 % : si le total des acomptes versés est inférieur de plus de 10 % à l'IS réel finalement dû, une majoration de 5 % s'applique sur la différence. La modulation est donc pertinente si vous êtes certain d'une baisse de résultat d'au moins 15 à 20 % (pour absorber la marge d'erreur). Elle nécessite un prévisionnel de résultat fiable, construit avec votre expert-comptable. Une modulation sur une simple intuition sans chiffres à l'appui est une prise de risque injustifiée.
Que faire si votre trésorerie est tendue au 15 juin ?
Le paiement de l'acompte IS est une obligation fiscale, mais des solutions existent en cas de difficultés ponctuelles. Première option : solliciter un délai de paiement auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) avant l'échéance. Ces demandes, accompagnées d'éléments justificatifs, sont parfois accordées pour les entreprises sans historique de retard. Deuxième option : activer une ligne de crédit court terme auprès de votre banque, si vous en disposez. Troisième option : vérifier si une modulation à la baisse est justifiable par votre situation prévisionnelle. En aucun cas le non-paiement sans démarche préalable n'est une option : la majoration de 10 % + les intérêts de retard sont systématiquement appliqués.
Préparer le prochain acompte : le 15 septembre
Une fois l'acompte de juin versé, notez immédiatement le 15 septembre dans votre agenda — c'est le troisième acompte. Entre juin et septembre, c'est le bon moment pour réaliser une revue de mi-exercice avec votre expert-comptable : résultat prévisionnel mis à jour, ajustement éventuel des acomptes suivants, vérification des provisions fiscales et des crédits d'impôts disponibles. Une revue semestrielle sérieuse permet d'éviter les mauvaises surprises en fin d'exercice et d'optimiser la charge IS dans les marges légales autorisées.
L'acompte IS du 15 juin n'est pas une formalité — c'est une échéance fiscale dont le non-respect coûte cher. Calculer correctement, modeler intelligemment et anticiper la trésorerie nécessaire sont des réflexes que les dirigeants accompagnés par un expert-comptable appliquent systématiquement. ADVY PARTNERS, cabinet d'expertise comptable à Montpellier, assure le suivi des échéances fiscales de ses clients tout au long de l'année, avec des revues prévisionnelles régulières pour éviter toute mauvaise surprise.
Anticiper vos échéances IS avec ADVY PARTNERS